( 13 octobre, 2007 )

L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine [Astronomie *2*]

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L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine 

- [Astronomie *2*] -  

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Les sciences qui attirèrent les premières la curiosité de savants musulmans furent l’astronomie et les mathématiques. Le tour d’esprit et aussi, sans doute, l’utilité pratique poussèrent les Arabes à se tourner d’abord vers les sciences exactes.

L’astronomie en particulier intéressait non seulement les ,hommes de science, mais plusieurs khalifes d’Orient et d’Espagne, mais quelques sultans seldjoukides et khans gengiskhanides et timourides s’y adonnèrent avec passion.
Rapidement des observations surgirent un peu partout dans les grands centres de l’Empire de l’lslam. Ceux de Bagdad, du Caire, de Cordoue, de Tolède et de Samarkand acquirent une célébrité méritée.
Les théories antiques furent révisées, plusieurs erreurs de Ptolémée furent relevées et les tables grecques corrigées. A l’actif de l’Ecole de Bagdad figurent la reconnaissance du mouvement de l’apogée du soleil, l’évaluation de l’obliquité de l’écliptique et sa diminution progressive, l’estimation très précise de la durée de l’année. Les savants bagdadiens constatèrent les irrégularités de la plus grande latitude de la lune et découvrirent une troisième inégalité lunaire, connue sous le nom de variation. Ils signalèrent les taches du soleil; étudièrent les éclipses, les apparitions de comètes et autres phénomènes célestes; mirent en question l’immobilité de la terre et furent les précurseurs lointains de Copernic et de Kepler.
Les résultats des observations de l’Ecole de Bagdad furent consignés dans la Table vérifiée . Parmi les plus célèbres savants de cette école citons :

AI Batani, que Lalande place parmi les vingt astronomes les plus importants du monde;
Abou Wefa, dont le nom est lié à une des constatations fondamentales de l’astronomie, celle de la troisième inégalité lunaire. L’astronome musulman devança de dix siècles le savant danois Tycho Brahé, à qui cette découverte est indûment attribuée.
L’illustre Ah Ibn Younis, inventeur de la pendule et du goomon, pour qui le khalife htimide Al Hakem (9901021) avait fait construire l’observatoire du Mont Mocattam, est considéré comme fondateur de l’Ecole du Caire. Il rédigea la grande Table hakémite qui dépassa en précision toutes celles qui existèrent auparavant. Elle succéda dans tout l’Orient et jusqu’en Chine à l’Almageste de Ptolémée et aux traites de Bagdad.
Hassan Ibn Al Haitan, un autre astronome et mathématicien de l’Ecole du Caire écrivit à la même époque son célèbre traité sur l’optique qui servit de base aux travaux de Roger Bacon et de Kepler. Il n’est pas sans intérêt de signaler en passant qu’Ibn Haitan fut le premier a préconiser la construction du barrage d’Assouan pour élever le niveau du Nil. Les études astronomiques ne furent pas en moindre honneur en Espagne musulmane.
L’émir de Cordoue, Abd ar-Rahman il manifesta un intérêt particulier pour cette science. Malheureusement peu de choses nous sont parvenues des travaux astronomiques des Musulmans d’Espagne. La presque totalité de leurs oeuvres fut détruite pendant la reconquête et les persécutions religieuses; nous savons pourtant que les observatoires de Cordoue et de Tolède jouissaient a l’époque d’une grande renommée.
L’histoire conserva les noms de plusieurs savants de l’Andalousie, tels de Maslamah al Mahrebi, d’Omar Abn Khaldoun, d’Averroès et de quelques autres. On peut juger de la haute qualité des ouvrages perdus des savants musulmans par les nombreux emprunts que leur firent les auteurs chrétiens contemporains. Il apparaît ainsi que les tables astronomiques d’Alphonse X, dites Tables Alphonsines, furent fortement influencées par les travaux des Arabes, sinon entièrement empruntées. Les guerres et les troubles intérieurs qui s’abattirent à partir du Xl’ siècle sur l’Asie pesèrent lourdement sur la vie intellectuelle de la société musulmane. Sans doute elles ralentirent considérablement la marche de la civilisation mais ne purent pas l’arrêter complètement. L’Ecole de Bagdad survécut à la déchéance politique du khalifat d’Orient et au démembrement de l’Empire. Elle ne cessa son activité fructueuse qu’au milieu du XV siècle. Son influence s’était étendue entre temps sur l’Asie centrale, sur les Indes et sur la Chine. Un des plus illustres savants du monde de l’lslam, Abdou Rahman Mohammed Ben Ahmad al Birouni, qui servit de lien vivant entre les traditions de l’Ecole de Bagdad et les traditions des savants indiens, vécut a la cour de Mahmoud le Ghaznévide (9971030). Entre ses multiples travaux de toute nature il publia les tables de’longitude et de latitude des principaux lieux de la terre. Le sultan seldjoukide, Melik Chah (1072-1092), souverain éclairé, ami de savants et de lettres, avait un goût pour l’astronomie. Les observations qu’il ordonna conduisirent à la réforme du calendrier. Elle précéda de six siècles la réforme grégorienne et fut plus exacte que cette dernière. L’honneur de cette reforme revient a Abdur Rahman Haseni et à Omar Khayyam, célèbre auteur des quatrains qui immortalisèrent son nom. Les souverains mongols ne furent pas moins favorables aux sciences. La farouche Houlagou, de sinistre mémoire, destructeur de Bagdad, fit construire l’observatoire modèle de Meragah. Sa direction fut confiée à Nasr Ed Dine Thousi, auteur des Tables llkhaniennes ., à qui on doit le perfectionnement des nombreux instruments dont on se servait pour les observations. C’est de ce nouveau centre d’études que les travaux des’astronomes de Bagdad et du Caire pénétrèrent en Chine sous Koubilai Khan. Mais c’est sous le règne d’Ouloug Beg, petit-fils de Tamerlan, que l’astronomie musulmane brilla de son dernier éclat. Ouloug Beg, dont le nom est inséparable, ainsi que celui de son père Chah Rouh, de l’admirable mouvement artistique et littéraire connu sous le nom de Renaissance Timouride fut un astronome passionné. Il est considéré comme le dernier représentant de l’Ecole de Bagdad. Son ouvrage, publie en 1437, donne le tableau exact des connaissances astronomiques de son temps. Un siècle avant Kepler il relie l’astronomie des anciens à celle des modernes .

De Haidar BEMMATE

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( 13 octobre, 2007 )

L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine [Astronomie]

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L’islam et l’astronomie

- [au 2ème siècle de l’Hégire] -

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Selon lbn Sînâ (Avicenne) l’astronomie était une des quatre disciplines fondamentales (arithmétique pure, géométrie, et musique) des sciences mathématiques. Les Arabes du désert accordaient beaucoup d’importance aux étoiles. Le rythme de vie des nomades s’inspirait du retour périodique de ces points brillants.
Au temps de Haroun AI-Raschid et de son fils AI Mamoun (2ème siècle de l’Hégire) les Arabes traduisirent «L’astronomie du grand Hipparque» ainsi que son catalogue d’étoiles. Ce qui explique que la plupart des noms d’étoiles utilisés de nos jours sont d’origine arabe tels que Aldébaran, Algénib, Algol, Alcor, Wéga, Déneb, etc… Bon nombre de termes astronomiques aussi tels que Zénith, Azimut, nadir, Almicantarat etc…
Ils entreprirent de procéder à une observation systématique et à une recherche méthodique des étoiles ce qui les plaçait à l’avant garde du progrès en matière d’astronomie, et cela pour plusieurs siècles. AI Mamoun fit édifier dans le quartier le plus élevé de Bagdad, près de la porte Chammassiya, un observatoire sous la direction de «Yaya», ses astronomes surveillaient méthodiquement le mouvement des planètes.
A l’observatoire du Mont Kassiyoum, près de Damas, les astronomes d’Al Mamoum dressèrent les tables dites «éprouvées» ou «Mamouniques». Mohamed Ben Moussa entreprit de mesurer la circonférence de la terre, avec un groupe d’astronomes, partant d’un même point. Un groupe se dirige vers le nord et l’autre vers le sud jusqu’à ce que le premier groupe voit l’étoile polaire s’élever sensiblement et que le second la voit descendre du même nombre de degrés. D’après la distance qui sépare leurs deux groupes, les observateurs, calculent un degré du méridien, et cela avec une précision tout à fait étonnante.
Le même Mohamed Ben Moussa en collaboration avec son frère Achmed, fabriqua une horloge de cuivre aux dimensions gigantesques. Tandis qu’il observe les changements cycliques des levers et couchers des étoiles les plus importantes, Achmed adapte les calculs extrêmement compliqués de son frère à un appareil d’un raffinement génial et d’une précision parfaite voici ce qu’en dit le médecin Ibn Rabban At-Tabari.
Devant l’observatoire de Samarra, j’ai vu un appareil construit par les frères Mohamed et Achmed Ben Moussa, tous deux passionnés d’astronomie et de mécanique. Sur cet appareil en forme de sphère sont représentés les constellations et les signes du zodiaque. Il est mû par la force hydraulique. A l’instant où une étoile se couche dans le ciel, son image disparaît sur l’appareil en descendant sous une ligne circulaire qui représente l’horizon. L’étoile remonte t-elle dans le ciel, son image réapparaît aussitôt sur l’appareil en dessus de la ligne d’horizon.
Les Arabes s’intéressaient aussi à la fabrication d’instruments d’astronomie dont la sphère armillaire composée de cinq anneaux de cuivre (assemblage de cercles figurant les mouvements apparents des astres et au centre duquel un globe représente la terre). Ils inventèrent l’alidade, ce bras mobile capable de mesurer les angles, il palliait dans ce domaine les insuffisances de la sphère armillaire.
Pour accroître encore la précision de leurs mesures, ils créèrent puis perfectionnèrent de nouveaux instruments destinés à l’emploi de nouvelles méthodes d’observation azimutale, et grâce à cela tout musulman pouvait calculer l’heure exacte, et à l’endroit se trouvait, déterminer aussi bien le moment de la prière que la position de la Mecque pour l’accomplissement de son devoir religieux. Le sextant et I’octant sont également des inventions arabes.
D’autres créations plus originales comme des cadrans solaires portatifs de forme cylindrique, des horloges mues suivant le cas par l’eau, le mercure, des chandelles ou des poids.
Les observations astronomiques des Arabes se firent de plus en plus nombreuses, le perfectionnement sans cesse croissant de leurs instruments de mesure, d’observation et le soin toujours plus grand qu’ils apportaient à l’exploration du ciel leur permettait avec le temps de déterminer et d’évaluer de façon toujours plus précise les orbites du soleil, de la lune et des planètes.
AI Farghani calcula les longitudes terrestres et fut le premier à découvrir que le soleil et les planètes décrivaient des orbites en sens contraire du mouvement diurne.
Mais surtout AI Battani calcula avec précision les différences de longueurs de l’année du Tropique et de l’année sidérale en mesurant la révolution de la terre autour du soleil. Il perfectionna les études astrologiques d’AI Khowaresmi par de nouvelles recherches sur l’apparition de la nouvelle lune, sur les éclipses de soleil et de lune et sur les parallaxes. Il calcula également avec plus de précision l’obliquité de l’écliptique et découvrit de nouvelles méthodes propres à déterminer la latitude d’un lieu.
lbn AI-Haïtham découvrit que tous les corps célestes y comprit les étoiles fixées émettaient leur propre lumière, la lune seule recevant sa luminosité du soleil, voici ce qu’il dit «Ce n’est pas un rayon partant de l’oeil qui produit la vision. C’est au contraire l’objet perçu qui envoie ses rayons vers l’oeil, lequel les assimile par le truchement de son corps transparent». AI Hazen explora les divers domaines de l’optique géométrique. Au cours d’une longue série d’expériences méthodiques, il en vient à étudier tout ce que les sources de lumières peuvent lui enseigner. Il est le premier à se servir pour ses expériences d’une chambre noire (ancêtre de l’appareil photographique) qui lui fournit la preuve de la trajectoire rectiligne du rayon lumineux et, c’est à peine s’il ose en croire ses yeux, du renversement des images.
AI Hazen découvre également l’explication de la réfraction de la lumière à son passage d’un milieu dans un autre, de l’air dans l’eau par exemple, découverte qui lui permet de calculer avec une étonnante précision l’épaisseur de la troposphère qu’il évalue à quinze kilomètres (mesures actuelles : 6Km au pâle, et 17Km à l’équateur). Il étudie les causes du halo lunaire, de la formation du crépuscule, de l’arc-en-ciel. Il applique ses connaissances à la fabrication d’instruments d’optique. Il étudie et calcule la réflexion dans le miroir concave du segment sphérique et de la section conique et découvre les lois de la projection lumineuse. Il étudie le pouvoir calorifique et grossissant tant du miroir concave que de la loupe et imagine la première paire de lunettes.
AI Kindi introduisit dans la géométrie la détermination au moyen du compas, calcula les poids spécifiques de divers liquides et procéda à des expériences basées sur les lois de la gravitation et de la chute des corps.
Il introduisit la théorie de l’atome selon laquelle «les corps sont divisibles à l’infini sans qu’on puisse jamais parvenir à quelque chose qui ne soit pas divisible».
L’Astronomie est encore une science jeune, cela dit, elle ne serait pas si avancée sans l’apport du monde arabe qui par son génie permit de perfectionner des instruments de mesure, d’en inventer d’autres, d’entreprendre des recherches basées sur des expériences méthodiques, de développer les principes fondamentaux propres aux calculs astronomiques.
Les résultats de leurs recherches parvinrent six cents ans après à Copernic et à des astronomes européens postérieurs, qui les utilisèrent pour fonder la conception héliocentrique du monde. On accordera à Copernic le fait d’avoir révolutionné l’histoire de la pensée et du progrès scientifique en omettant de parler de l’héritage de la culture arabo-islamique et en jetant aux oubliettes d’illustres savants tels que AI Hazen, AI Battani et plus de cinq cents autres encore!
De nos jours encore le monde occidental accorde une importance excessive à l’héritage gréco-romain, au point d’ignorer qu’il a une dette au moins identique envers le monde musulman .

Djamel MANSERI 

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( 13 octobre, 2007 )

L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine [Les Mathématiciens]

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Les mathématiciens

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Sous l’impulsion des califes, les arabes deviennent avides de connaissances, les textes scientifiques et philosophiques sont traduits. Les mathématiciens de l’islam ont assimilé les découvertes grecques et hindoues, laissant de côté certains aspects trop théoriques pour développer davantage des sujets plus conformes à leur approche pratique.
La contribution des Arabes au domaine des mathématiques comprend de nombreux sujets qui gravitent autour de la trigonométrie et de l’algèbre. Ils ont contribué de façon originale à la théorie des équations, au développement de la trigonométrie plane et sphérique, à l’étude du postulat des parallèles, au développement du système décimal et à la généralisation du binôme.

- Abu Abd Allah Muhammad ben Musa aI—Khawarizmi -

Parmi les savants, membres de la «Maison de la Sagesse», fondée par le calife al-Ma’mûn, figurait l’astronome et mathématicien al-Huwarizmi, dont la célébrité provient avant tout d’un ouvrage sur l’algèbre et de son arithmétique. AL-HUWARIZMI, ou plus exactement, Abu Abd Allah Muhammad ben Musa al-Huwarizmi, était originaire de Huwarizm, la ville moderne de Khiwa, qui faisaitt partie de la république socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Cette ville, au sud de la mer d’Aral, à l’est de la Caspienne est actuellement la capitale de la république socialiste soviétique du Khorezm. On n’a sur la vie de ce savant aucun renseignement précis. On sait seulement qu’il travailla dans la bibliothèque d’aI-Ma’mûn, calife de 813 à 833, peu après l’époque où Charlemagne régnait sur l’Occident. Il est probable qu’il a commencé ses travaux en établissant des tables astronomiques.
Son nom, déformé en algoritmus, algorisme, est devenu notre terme algorithme qui a pris le sens très large de procédé de calcul. Le principal ouvrage d’al-Huwarizmi est intitulé Hisab al-jabr Wa – muqqibala qui signifie «science de la transposition et de la réduction», où le terme «al-jabr» est devenu «algèbre», synonyme de la science des équations. On ne peut donner avec certitude la signification des mots «al-jabr» et «airnuqqâbala», mais, suivant la nature des opérations effectuées dans le texte d’al-Huwarizmi, on peut tenter d’en fournir une interprétation vraisemblable.
Le terme «al-jabr» correspondrait à l’opération algébrique qui consiste à faire passer un terme négatif, dans une équation d’un membre à l’autre, de telle manière qu’il n’en résulte de part et d’autre que des termes positifs. Par ailleurs, le mot «muqqâbala» se réfère plutôt à la réduction ou au balancement des équations, c’est-à-dire à l’annulation des termes semblables dans les termes de l’équation. Dans la préface, l’auteur loue à grands traits le prophète MOHAMMAD (SAW) et le calife al-ma’mûn. Dans la première moitié de son Algèbre, al-Huwarizmi expose, en six chapitres, les six types d’équations. Le contenu de ces six premiers chapitres couvre de façon systématique la théorie des équations linéaires et quadratiques en ce qui a trait aux racines positives seulement.
L’Algèbre d’al-Huwarizmi comprend, en seconde partie, divers éléments, citons entre autres des règles d’opération concernant des expressions binomiales de la forme (a + b) (a – b), (a+ b) (a – c), etc…, des preuves géométriques supplémentaires à certaines équations algébriques traitées dans les premiers chapitres, une variété de problèmes qui illustrent des applications des différentes sortes d’équations et quelques problèmes qui sont empruntés directement à des auteurs grecs ou autres. Quels sont, en fait, les principaux concepts utilisés par al-Huwarizmi? Tout d’abord, la notion même d’équation du premier et du second degrés: il ne s’agit plus, comme dans les mathématiques babyloniens par exemple, de résoudre des problèmes arithmétiques ou géométriques qu’il est possible de traduire dans les termes d’une équation, mais exactement du contraire.
On commence par les équations, les problèmes viennent après. Le deuxième concept essentiel, c’est d’isoler la notion de binôme et de trinôme associés à l’équation et d’étudier ainsi les lois de l’arithmétique sur ces objets. La troisième notion, c’est quelle que soit la forme, une équation devra se réduire à une des formules canoniques.
Enfin, le quatrième concept, c’est la solution algorithmique la solution doit être nécessairement algorithmique et la solution de l’équation du second degré doit être par radicaux. De toute évidence, le traité d’algèbre d’al-Huwarîzmi peut être considéré comme le meilleur exposé élémentaire de l’algèbre jusqu’à l’avènement des temps modernes et, de ce fait, il a joui d’un privilège analogue à celui des éléments d’EUCLIDE. En revanche, l’absence d’une notation symbolique adéquate l’a empêché de jouer un rôle vraiment efficace dans l’évolution de l’algèbre et il faudra attendre le XVIe siècle pour voir surgir ce complément indispensable qui, dans les mains de Descartes et de Fermat, permettra de réaliser la fusion de la géométrie et de l’algèbre .

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IBRAHIM MOULLAN
Courtoisie “ESPACE DE L’ISLAM”

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( 13 octobre, 2007 )

L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine [Le médecin, le chirurgien, et le psychothérapeute]

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L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine

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Le médecin, le chirurgien, et le psychothérapeute

- Par Ralph STEHLY -_____________________________________________________

Au XIe siècle, un chirurgien andalou effectuait des recherches sur la tuberculose des vertèbres -maladie connue sous le nom de mal de Pott- sept cent ans avant la découverte de Percival Pott! Un ophtalmologue réussissait en l’an mille à guérir une cataracte huit cent ans avant l’opération réussie de Blanchet !

La médecine islamique, profondément humaniste, prenait en considération tous les aspects de la vie et de la souffrance du patient, conformément à la vision islamique du monde.
Elle accordait une attention fort scrupuleuse aux symptômes du patient et à son cadre de vie, aux questions de climat, d’environnement, d’hygiène de vie (y compris l’hygiène sexuelle), de diététique et de régime alimentaire. Les plus hautes sommités médicales ne dédaignaient pas d’écrire des livres de cuisine.
La médecine arabo-islamique a été à la pointe du progrès de cette discipline durant de nombreux siècles. Le décalage chronologique entre les découvertes des médecins arabo-musulmans et les (re)découvertes occidentales est considérable. Il n’est pas rare qu’il atteigne cinq à huit siècles!
Le chirurgien andalou Aboul Qâsim (mort en 1013) poursuivit des recherches, sept cents ans avant Percival Pott (1714-1788), sur la tuberculose des vertèbres, connue actuellement sous le nom de mal de Pott.
L’ophtalmologue Aboul-Qasim Ammâr ben Ali al-Maousils réussissait à Baghdad, en l’an 1000, à guérir une cataracte par succion avec une aiguille creuse. L’opération ne sera réussie en Occident qu’en 1846 par Blanchet. Ibn an-Nafîs (1210-1288) découvrit la petite circulation du sang trois cents ans avant Michel Servet (1509-1553) et quatre cents ans avant William FIarvey (1578-1657).
L’anesthésie était utilisée dans les opérations chirurgicales. On se servait de la mandragore et du haschisch. On l’administrait en infusion ou en imbibant des éponges qu’on introduisait dans la bouche ou dans les narines du patient. Le sommeil était provoqué par imprégnation directe de la muqueuse à travers laquelle les alcaloïdes passaient directement dans le sang.
Les Arabes avaient aussi une connaissance empirique de l’effet antibiotique de certaines substances. Ils prélevaient des moisissures de pénicilline et d’aspergille sur les harnachements de leurs ânes et de leurs buffles et en faisaient une pommade qu’ils appliquaient sur la plaie infectée. Et pour soigner une laryngite rebelle, ils soufflaient dans la gorge du malade de la poussière verdâtre de pain moisi.
On doit aux Arabes la conception moderne de l’hôpital non seulement comme lieu de soins, mais aussi centre d’enseignement et de recherches cliniques. C’est Sinân ben Thâbît (Xe siècle) qui organisa le premier les hôpitaux en terre d’islam, ainsi que les professions médicales et paramédicales. Sinân imposa que les étudiants en médecine suivent un enseignement à la fois théorique et pratique, passent un examen final et prêtent le serment d’Hippocrate, avant d’exercer sous le contrôle de l’Etat.

- Ibnou Sina « Avicenne » (980-1037) -

Ibn Sînà (connu sous le nom d’Avicenne en Occident) naquit en 980 à Afshana (actuel Ouzbékistan soviétique). Il était de souche iranienne. Ce fut un enfant à l’intelligence étonnamment précoce. A dix ans, il connaissait déjà le Coran par coeur. A seize ans, il maîtrisait toutes les sciences de l’époque et exerçait déjà son activité de médecin, qu’il ne cessera d’exercer jusqu’à sa mort à l’âge de cinquante-sept ans, le vendredi 18 juin 1037, dans le désert près de Hamadân.

Homme au savoir encyclopédique et à la puissance créatrice titanesque, Avicenne fut tout à la fois un éminent médecin, un philosophe au rayonnement sans pareil et un savant qui a illustré la chimie, la physique, l’astronomie et les mathématiques. Il est l’auteur d’une oeuvre monumentale: 456 ouvrages en arabe et 23 en persan.

Le grand tournant de sa vie se situe en 997- Il était alors âgé de dix sept ans, quand le prince Nouh ben al Mansour tomba gravement malade. Avîcenne fut appelé à son chevet. En signe de gratitude pour les soins prodigués avec tant de compétence et de succès, le prince lui ouvrit les portes de sa bibliothèque. Il put dès Iors assouvir sa passion de lecture et de recherche.
Puis il fut successivement au service de plusieurs princes, notamment de Majd ad-Daoula, dont il devint vizir, c’est-à-dire ministre de 1014 à 1021. Mais son vizirat lui attira beaucoup d’ennemis politiques et il fut jeté en prison en 1021. Il mit a profit cette retraite forcée de quatre mois pour composer trois livres: un livre de philosophie générale, un traité sur les diarrhées et un récit mystique, l’Epître de Hayy, fils de Yagzân.
Il s’évada dans des circonstances rocambolesques. Déguisé en derviche, il échappa à ses poursuivants et atteignit Ispahân en toute sécurité. Il y resta quinze ans. C’est là qu’il rédigea la majeure partie du Canon de la médecine, une monumentale encyclopédie médicale d’un million de mots.
Son oeuvre médicale est prodigieuse. Avicenne a été le premier à décrire correctement l’anatomie de l’oeil humain et à exposer avec précision le système des ventricules et des valvules du coeur. Il effectua le diagnostic différentiel entre la mediastinite, la pleurésie, la pneumonie, l’abcès du foie et la péritonite, diagnostique d’une difficulté considérable avec les moyens de l’époque. Il fut aussi le premier à différencier la méningite infectieuse des autres formes d’infections aiguës et à donner une description différentielle de la méningite cérébro-spinale et de la méningite secondaire.
Avicenne recommandait, en médecine préventive et curative, l’hydrothérapie, la pratique d’exercices physiques réguliers et celle du sport.
Il prêta une grande attention aux questions d’hygiène sexuelle, dont il voyait également la dimension psychologique. Selon lui, le renoncement aux relations sexuelles avec l’être aimé peut aller jusqu’à provoquer de profonds troubles mentaux. Parmi les effets bienfaisants qu’Avicenne attribua aux relations sexuelles, « il y a la relaxation de l’esprit, un regain de courage dans la vie, l’arrêt de la rumination en cas de colère excessive, l’équilibre de l’esprit et la pleine maîtrise de soi-même. Les relations sexuelles ont un effet salutaire en cas de mélancolie et dans beaucoup de maladies dépressives» (Canon III, titre 20). Il avait acquis la certitude de l’importance des aspects psychosomatiques dans la guérison du patient.
C’est ainsi qu’il conseillait: ‘ Nous devons considérer que l`un des meilleurs traitements, l`un des plus efficaces, consiste à accroître les forces mentales et psychiques du patient, à l’encourager à la lutte, à créer autour de lui une ambiance agréable, à le mettre en contact avec des personnes qui lui plaisent. » De nombreuses anecdotes nous décrivent Avicenne utilisant des procédés psychothérapiques avant l’heure.
A un jeune homme qui se morfondait d’une mystérieuse maladie, il prit longuement le pouls en lui posant de nombreuses questions de plus en plus intimes sur sa vie. Alors qu’il avait abordé le chapitre de sa vie amoureuse, le patient nia tout problème dans ce domaine. Mais son pouls s’était fortement accéléré. Avicenne répliqua: « Ton corps répond oui. »
Le patient lui avoua alors un amour secret. Avicenne lui conseilla de rejoindre sa bien-aimée et de se marier.
Il guérit sur le champ .

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SOURCE HISTORIA

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( 13 octobre, 2007 )

L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine (L’UNIVERSITE)

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L’apport De L’islam A La Civilisation Humaine [L’UNIVERSITE]

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- LES ARABES ONT-ILS INVENTE L’UNIVERSITE ? -

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La civilisation arabe est à l’origine de au moins deux des grandes institutions modernes : l’hôpital et l’observatoire. Il est fort probable qu’on lui en doit aussi une troisième : l’Université.
Telle est du moins la thèse qu’exposent ici deux enseignants de l’université de Leeds (Grande-Bretagne) : MM. R.Y. Ebied (études sémites) et M.J.L. Young (études arabes).
Le Moyen Age a légué au monde moderne trois institutions très importantes : l’hôpital, l’observatoire et l’université. Nous savons depuis longtemps que les deux premières proviennent de la civilisation arabe.
Quoiqu’un bon nombre d’instruments astronomiques aient été inventés par les Grecs, c’est sous les auspices des califes ou successeurs du prophète arabe Muhammad que l’observatoire devint une institution permanente. Selon les documents parvenus jusqu’à nous, le premier observatoire permanent fut celui qu’établit le calife Ma’mum (813/832 apr. J.-C.) à Bagdad, sa capitale, aux environs de l’année 830.
La contribution la plus importante des Arabes à la médecine est l’établissement et l’entretien de nombreux hôpitaux. S’ils n’ont pas inventé l’hôpital comme institution, ils ont apporté tant de soins à l’organisation, au financement et à l’entretien des hôpitaux que beaucoup de leurs idées sont encore visibles dans les hôpitaux d’aujourd’hui .

On peut également démontrer indirectement que la troisième institution médiévale, l’université, doit en grande partie son existence à la civilisation Islamique.
Parmi les auteurs de manuels scientifiques, médicaux et philosophiques, des savants musulmans, comme Avicenne, Averroès, Albategnius, Avempace, Avenzoar, Albucasis, Arzachel et Alpetraguis, occupent le premier plan.
Il y a une grande probabilité que les universités européennes aient utilisé ces manuels, en dépit de l’hostilité entre l’islam et le monde chrétien.
Mais des preuves de plus en plus nombreuses indiquent que c’est dans l’islam médiéval que nous devons chercher l’origine de l’université elle-même. Les plus grands centres intellectuels musulmans fonctionnaient depuis bien plus d’un siècle quand les premières universités furent fondées en Europe. Le collège-mosquée d’Al-Qarawiyyin à Fez (Maroc) fut établi en 859, celui de Cordoba au début du dixième siècle, le collège-mosquée d’Al-Azhar au Caire en 972 et la Maison de la sagesse dans la même ville au onzième siècle. En Europe, les premiers centres d’éducation supérieure apparurent beaucoup plus tard. Les universités de Bologne, de Paris et de Montpellier n’existaient sûrement pas avant le douzième siècle.
Lorsque ces universités apparurent en Europe chrétienne, elles possédaient bien des traits communs avec leurs équivalents islamiques. Les étudiants étaient pour la plupart organisés par « nations» – C’est-à-dire qu’ils étaient groupés pour leur logement selon leur lieux d’origine. A l’université d’Al-Azhar au Caire, il existait des logements distincts pour les étudiants du Maroc, de Haute Egypte, d’Irak… A l’université de Paris, les corps d’étudiants comprenaient la nation anglaise, la nation flamande, et bien d’autres. Il reste des traces de cette organisation géographique des étudiants dans quelques-uns des collèges d’Oxford, comme ceux de Lincoln, de Worcester et de Hereford.
Un autre trait de ressemblance se trouvait dans le fait que les professeurs universitaires se mettaient en tenue particulière, la toge, pour les cours et les cérémonies officielles. La coutume de mettre des vêtements larges ressemblant à ceux qu’on mettait en Europe chrétienne existait depuis le début dans les centres intellectuels de l’islam.
La terminologie en usage dans les premières institutions intellectuelles de l’Europe chrétienne montre elle aussi une analogie avec celle de l’islam le premier terme européen pour indiquer l’université – studium generale – semble être une traduction du terme académique arabe “majlis amm” signifiant « assemblée générale pour suivre des études ».
Le «permis d’enseigner» Autre point commun : la coutume largement répandue d’offrir une instruction gratuite aux étudiants. De même, la tradition de l’étudiant itinérant était connue dans les pays islamiques longtemps avant de se révéler comme caractéristique de la vie scolaire dans les pays chrétiens.
Les étudiants musulmans ne s’attendaient pas qu’un seul professeur sache tout sur une matière, et la coutume de voyager d’un centre d’études à un autre s’était installée dans la vie scolaire de ces étudiants. Ces migrations continuelles sont peut-être à l’origine d’un des traits les plus caractéristiques de l’éducation islamique: la « ijazah » ou “permis d’enseigner”.
La « ijazah » était le diplôme délivré par un professeur à son étudiant au terme d’un programme d’études et donnant à l’élève le droit d’enseigner les matières qu’il avait étudiées. Ces permis existaient déjà au neuvième siècle. Pour les étudiants voyageant d’un centre académique à un autre à la recherche d’une plus grande instruction, ces « permis d’enseigner » avaient la valeur d’un passeport et d’un certificat de compétence dans des matières particulières. Il est Intéressant de noter que le terme « licence », qui sert aujourd’hui à désigner un degré universitaire, provient du latin « licentia docendi » – permis d’enseigner – terme qu’on donnait dès le début au diplôme conféré aux étudiants dans les universités chrétiennes.
Dans les universités islamiques du Moyen Age, les professeurs étaient plus libres dans leur enseignement que dans les premières universités chrétiennes. Il n’est donc pas étonnant que chaque professeur ait eu le droit de conférer ses « permis d’enseigner », alors qu’en Europe ce droit était réservé au recteur. Mis à part cette différence, la « ijazah » et la «licentia docendi » étaient des instruments identiques de la vie universitaire. Ces ressemblances entre les pratiques universitaires de l’islam et celles du monde chrétien s’expliquent par le rôle joué pas l’Espagne dans l’établissement de contacts entre l’un et l’autre.
L’Espagne Islamique était un des grands centres académiques du Moyen Age, et, après la prise de Tolède par les chrétiens (1085), ce pays devint la voie principale par laquelle les fruits de la science islamique passaient à l’Europe chrétienne. A Tolède, l’archevêque Raymond (mort en 1251) fonda une école pour traduire les oeuvres arabes en latin et les mettre ainsi à la disposition du monde savant chrétien. Les trésors de la littérature philosophique, scientifique et médicale arabe furent traduits en latin à l’usage des professeurs et des étudiants chrétiens. Il ne serait donc point surprenant qu’avec les livres, les étudiants chrétiens aient ramené de l’Espagne des idées sur l’organisation des universités.

Le baccalauréat

Une des personnalités éminentes dans le domaine des études orientales en Angleterre, le regretté professeur Alfred Guillaume, affirmait dans la première édition de The Legacy of Islam (Oxford 1931) que l’on aurait la preuve d’une liaison entre les universités islamiques et celles de l’Ouest, si l’on trouvait une explication satisfaisante du terme médiéval «baccalareus» ou « baccalaureus » – dont dérive le terme français « baccalauréat». Le professeur Guillaume fit remarquer que l’explication qui fait dériver ce terme du latin «vassa» (une vache) ne peut être prise au sérieux. Il suggère que « baccalaureus » pourrait bien être une défectueuse transposition en latin d’une expression arabe comme par exemple « bihaqq al-riwaya » signifiant le droit de transmettre une science.
En effet, bien des termes arabes sont passés, déformés, dans le latin du Moyen Age, et dans les autres langues européennes, dans lesquelles ils sont encore en usage aujourd’hui.
Parmi ces termes on trouve des mots familiers comme « chèque » (de l’arabe « sakk », « tarif » (ta’ref), et « amiral » (amir al’bahir) et bien d’autres. GuiIlaume n’a jamais trouvé l’expression, «bihaqq al-riwaya » dans aucun document arabe, et l’étymologie qu’il en propose ne peut-être considérée que comme une conjecture très intéressante. Mais les dernières recherches des écrivains de nos jours dans les différents exemples de « ijazah » médiéval ont démontré non seulement qu’une expression très similaire à celle que suggéra Guillaume était en usage dans des documents arabes de même type, mais aussi que cette expression était employée exactement dans le sens voulu pour son étymologie proposée. La première «ijazah» (conservée dans un manuscrit de l’université de Cambridge), dans laquelle on trouve l’expression « bihaqq al-riwaya », date de l’année 1147; or, on ne trouve pas le terme « baccalaureus » en Europe, employé dans le sens « licencié », avant 1231, année où le système des degrés universitaires fut établi par la bulle « Parens scientiarum » du pape Grégoire IX. Il paraît donc probable que le terme bachelier est dérivé de l’expression en usage dans les diplômes de l’université islamique.
R.-Y. EBIED et M.-J.-L. YOUNG. (Le monde de l’éducation)

ECOLES MUSULMANES ET UNIVERSITES EUROPEENNES

J’ai lu avec intérêt l’article paru dans le Monde de l’éducation de septembre sous le litre : « Les Arabes ont-ils inventé l’Université ? » Cet article qui présente sans préjugé un aspect de la culture arabe musulmane s’insère dans la tradition d’un groupe de chercheurs occidentaux qui existent depuis le dix neuvième siècle, et dont le nombre ne cesse de croître. (…) A ce sujet ,excusez-moi de me référer à une étude que j’ai publiée en Angleterre en 1957, et où j’ai souligné qu’au Moyen Age les grandes écoles musulmanes et les Universités fondées en Europe à cette époque différaient sur les points suivants :

1. Pour la création des Universités musulmanes, il n’était nécessaire d’obtenir ni l’autorisation de gouvernement ni celle d’une autorité religieuse supérieure .
2. Les disciplines enseignées dans les Universités musulmanes étaient beaucoup plus variées .
3. Quoique l’enseignement coranique fût prépondérant, les Universités musulmanes n’établissaient pas une hiérarchie officielle entre les disciplines enseignées (1) .

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A. R. KINANY, Directeur du Bureau de l’Organisation de la ligue islamique mondiale à Paris .

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(1) The Year Book of Education , 1957, Evans Brother», Londres. Extrait du Monde de l’Education n” 23.

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( 13 octobre, 2007 )

IRAK . Berceau des Civilisations …

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IRAK . Berceau des Civilisations ... dans Histoire iraklogo

La Civilisation Arabo-Islamique

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Le rôle qu’a joué l’Irak dans l’émergence et le développement de la civilisation arabo-islamique est de première importance. Il a servi, en effet, de berceau à l’Etat arabo-islamique qui a très vite évolué et s’est étendu, consolidant ses fondements et affermissant ses différentes structures. Cet essor s’est répercuté sur les mosquées qui, rénovées et élargies, devinrent de vrais centres de rayonnement scientifique. Bagdad, Bassora , Wasset, Koufa, Mossoul et d’autres villes irakiennes devinrent célèbres par leur style de vie moderne et la qualité des nombreux édifices civils et religieux à tel point que les historiens et les célèbres voyageurs les ont toujours cités dans leurs récits et mémoires.

De fait, l’architecture et les arts islamiques en Irak sont un reflet du génie et de la créativité de la oumma islamique sous l’étendard de l’islam. Le tracé des villes, l’architecture des édifices et les motifs ornementaux sont autant d’éléments attestant d’une authenticité plus qu’évidente, en harmonie avec la grandeur du message divin dont les Arabes musulmans sont dépositaires, à savoir montrer le droit chemin et enseigner la parole de Dieu à l’humanité toute entière.

Bassora (637 / 16 de l’Hégire) :

Unique issue maritime de l’Irak vers les pays du Golfe arabe et l’Extrême-Orient, la ville de Bassora est située sur la rive ouest de Chatt al-Arab, à environ 67 km du Golfe arabe et 549 km au sud de Bagdad.

Les Arabes musulmans conquirent l’Irak en 636/ 14H sous le commandement de Sâad Ibn Abi Waqqas, qui parvint à s’emparer de la ville d’Al Madain après la célèbre bataille d’Al Qadissiya. Sur le lieu  même de la bataille, il fera édifier deux ans plus tard la ville de Bassora par l’intermédiaire de Otba Ibn Ghazouane Al Mazini, gouverneur du calife Omar Ibn Al Khattab, pour servir de quartiers à ses troupes. Par la suite, le calife nomma Abou Moussa Al Achâari gouverneur de Bassora et fixa ses émoluments à 600 dirhams par mois. Il désigna en outre Charih Ibn Al Harith cadi principal de la ville.

Au centre de la ville, le calife fit construire la mosquée, Dar al Imara (mairie) et Baït Al mal (trésor public). Toutes les routes et les avenues étaient tracées de façon à mener directement à la mosquée. Les vieux édifices et les palais éparpillés tout le long de la route Bassora-Nassiriya témoignent encore aujourd’hui de la magnificence qui caractérisait cette ville arabo-islamique.

Koufa (638 / 17 de l’Hégire) :

Koufa est située sur la rive ouest de l’Euphrate, à quelques miles au nord-est de la ville antique d’Al Héra. Elle est également à 156 km au sud de Bagdad et à 18 km à l’est de la ville sainte de Najaf.

Koufa fut construite en 638 (17 de l’hégire) par le chef musulman Sâad Ibn Abi Waqqas deux ans après l’édification de Bassora dont il reproduit le même plan. On raconte que Sâad, après avoir vaincu les Persans et conquis l’Irak, s’installa à Al Madain et fit construire Koufa qui s’élargit ensuite et connut un véritable essor urbanistique et atteignit son apogée pendant le règne des Omeyyades. Après la construction de la ville de Bagdad par le calife Al Mansour, Koufa perdit de sa splendeur mais demeura néanmoins un important centre stratégique sur les plans militaire, commercial et culturel.

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Bataille d’Al Qadissiya

Bataille d’Al Qadissiya

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Bagdad (762 / 145 de l’Hégire)
(Dar As Salam- la ville rondela ville d’Al Mansour)

Bagdad fut construite en l’an 762 (145 de l’hégire) sur la rive ouest du Tigre, à l’époque du calife Abbasside Abou Jâafar Al Mansour. Sa construction fut un événement majeur dans l’histoire des villes arabes et de la civilisation islamique. Car elle joua un rôle de première importance dans les évènements politiques et intellectuels qui ont marqué le monde arabo-islamique en particulier et le monde en général.

Bagdad fut construite selon un schéma circulaire, avec quatre portes : Bab Echam, Bab Khorassane, Bab Bassora et Bab Al Koufa. Au début, la ville était entourée d’un mur extérieur. Mais l’activité urbanistique gagna progressivement les ailes  ouest et est, et c’est sous cette pression que furent ajoutés les portes de Bab Al Mâazam, bab Chamassia et Al Mokhram. Parallèlement, on construit de somptueux palais, de grands édifices, des mosquées, des hospices, des abreuvoirs, des caravansérails, des camps de troupes, des souks, des écoles religieuses, des instituts d’enseignement…et la ville devint avec le temps un centre de rayonnement intellectuel et le lieu de prédilection des étudiants et chercheurs en quête du savoir des quatre coins du monde.

Mais vint une époque ou Bagdad connut une période noire de son histoire, quand elle fut envahie et détruite par les envahisseurs Tatars sous le commandement de Hulagu (1258 / 656 de l’hégire), puis par les Timorais sous le commandement de Tamerlan (795 de l’hégire), avant d’être encore la cible des invasions des Galériens, des Séfévides et des Ottomans. Néanmoins, ses monuments civilisationnels demeurent témoins de sa gloire d’antan

De nos jours, au XXIe siècle, Dar Es-Salam (Bagdad) est l’objet d’une nouvelle agression, celle de la coalition américano-britannique !

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Principaux monuments témoins de la civilisation islamique à Bagdad :

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L’école Mustansiriya à Bagdad (1227 / 625 de l’hégire)

L’école Mustansiriya à Bagdad (1227 / 625 de l’hégire)

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L’école Mustansiriya à Bagdad est considérée comme l’une des plus vieilles universités arabo-islamiques où on enseignait les sciences du Coran de la tradition du Prophète, les doctrines islamiques, les sciences de la langue arabe, les mathématiques, les préceptes de l’islam et les différentes disciplines de la médecine. Mais ce qui distingue peut-être cette école de toutes celles qui l’avaient précédé et même de celles de son époque est l’existence d’un bâtiment spécial annexé à l’établissement. De plus, il y avait en face de l’entrée principale de l’école une horloge qu’on consultait pour connaître les horaires de la prière et des cours, laquelle fut conçue par l’horloger Noureddine Ali Ben Taghleb qui assurait également son entretien.

Construite près de Rossafa sur le Tigre par le calife Abbasside Al Mustansir Billah au cours de la période entre 1227 (625 de l’hégire) et 1234 (631 de l’hégire), l’école est de forme rectangulaire, composée d’une grande cour entourée de portiques Au milieu de chacun des quatre côtés se trouve une plate-forme élevée de six mètres de largeur, entourée de deux classes d’étude. Quant aux salles des étudiants, elles occupaient deux étages à l’extrémité de chaque plate-forme. L’architecte a entouré toutes les dépendances de l’école, telles les salles, les classes, les plates-formes et les halls, d’une enceinte qui les protège des quatre côtés, alors que le centre de l’édifice est occupé par une grande et large cour.

Quant aux salles des conférences, elles se situent du côté sud de l’école dont les plafonds s’élèvent à une hauteur égale à celle des deux étages du bâtiment d’en face, composé, quant à lui, de salles surmontées de [baikats]* d’une hauteur égale à celle des salles de conférences. Les deux blocs sont reliés par un couloir de deux bouches de hauteur également, lequel communique avec la cour extérieur au travers de deux trous d’aération latérales faisant face au vent soufflant. Ainsi, poussé par les vents extérieurs, l’air s’engouffre dans les deux trous pour remplir et aérer le couloir. Conçu de la sorte, l’édifice a tout l’air d’un dispositif d’aération horizontal et fournit ainsi l’évidence que l’architecte musulman de l’époque maîtrisait parfaitement le concept et les principes de l’aérodynamisme .

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vestiges de la Porte Centrale à Bagdad.

Vestiges de la Porte Centrale à Bagdad.

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Samarra (863 / 221 de l’Hégire)

Considérée parmi les villes arabo-islamiques importantes en Irak, Samarra fut à une certaine époque la capitale des Abbassides après Bagdad. Aujourd’hui encore, avec d’autres villes et cités, elle continue à occuper une place de choix dans le cœur des Arabes et des musulmans. C’est dans cette ville que se trouvent en effet les sépultures des Imams Ali Al-Hadi et de son fils Hassan Al Askari.Samarra est située sur la rive gauche du Tigre, à 135 km au nord de Bagdad. Sa fondation remonte à l’an 836 (221 de l’hégire), et fut l’œuvre du Calife Al Môatassim Billah, huitième calife Abbasside, qui fit entreprendre son édification pour des raisons politiques et sociales qui sont bien détaillées dans les livres de l’histoire.La ville a par ailleurs servi de lieu de résidence à sept des califes Abbassides : Al Ouatik, Al Moutawakkil, Al Mountassir, Al Moustaîne, AL Mouâtazz, Al Mouhtadi et Al Mouâtamid qui y résida pendant un certain temps avant de retourner à Bagdad. Par ailleurs, les fouilles archéologiques qui ont été effectuées à Samarra ont permis de déterrer les vestiges des palais des califes qui ont résidé dans la ville, tels le palais Al Achiq, le palais Al Billawra, le palais Foukani, le palais Al Badiâ, le palais Al Jaousaq Al Khakani et autres monuments islamiques historiques. De même, les arts islamiques spécifiques à la ville de Samarra représentent, à coup sûr, une étape importante dans l’évolution des arts islamiques à l’est comme à l’ouest du monde islamique. La preuve en est la grande mosquée de Samarra, construite durant la période 852-849 (234-237 de l’hégire) par le calife Al Moutawakkil Ala’llah. De forme rectangulaire (240 x 158 m), elle fut conçue pour accueillir 80 000 fidèles, et son plan ressemble fort bien à celui des moquées de Bassora, Koufa et Wasit. En effet, elle est formée d’une salle de prière, de deux [majnabat]* et d’une arrière-cour entourant une esplanade rectangulaire au milieu de laquelle se dressait une fontaine ronde coupée dans un seul bloc de granite. On raconte qu’elle avait été ramenée d’Egypte pour être installée à la mosquée avant d’être transportée à l’école Charrabiya à Bagdad. La mosquée de Samarra se distingue également par son minaret en calimaçon, qu’on considère comme le plus ancien minaret d’Irak. En effet, il est unique en son genre dans le monde islamique et est situé à 27 mètres environ du mur nord de la mosquée, sur l’axe de son mihrab. Quant au corps du minaret, il s’élève en volute, reposant sur une plate-forme carrée, construite sur deux niveaux : un niveau inférieur qui atteint 31,80 m de longueur et un niveau supérieur de 30,50 m. La plate-forme mesure également 4,20 m de hauteur et est ornée de voûtes au nombre de neuf sur chaque côté, à l’exception du côté sud où elles ne sont que sept, la place des deux manquants étant occupée par l’escalier d’accès à la plate-forme. Mais le plus beau dans la partie supérieure de ce minaret est sans nul doute cette rangée de lanternes qui, au nombre de huit, couronnent le corps du minaret et dont les voûtes reposent sur des piliers en terre cuite semi-cylindriques. La hauteur du minaret est d’environ cinquante mètres, sans compter la plate-forme, ce qui le rend unique en son genre et le distingue des minarets du monde islamique, qu’ils soient anciens ou modernes .

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Mosquée Abi Dalf en Irak

Mosquée Abi Dalf en Irak 

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A Al-Jâfariya, le calife Al Moutawakkil âla Allah fit construire une mosquée qu’il voulut une copie de celle de Samarra tant au niveau de la forme que du minaret. Il l’appela mosquée Abi Dalf, du nom du commandant Abbasside qui s’illustra fort bien durant le règne du calife Harun Al-Rachid (décédé à Bagdad en 841 / 266 de l’hégire).

Située au nord-est d’Al-Jâfariya, la mosquée est de forme rectangulaire, mais elle est plus petite que celle de Samarra. Ses murs extérieurs sont faits en argile, comme la plupart des constructions réalisées sous le règne d’Al Moutawakkil. Quant aux poutres, arcades et minaret, ils sont en briques et en plâtre. Avec le temps, les murs extérieurs n’ont pas résidé à l’usure du temps mais la plupart des parties construites en briques et en plâtre sont restées intactes.

La construction de la mosquée Abi Dalf fut d’ailleurs l’occasion pour introduire de nouveaux éléments architecturaux dans le domaine, telle l’arc pointu et renflé, qui a été conçu ainsi pour aller en harmonie avec la largeur des corridors. En outre, le mihrab de la mosquée est en saillie par rapport au plan du mur de la qibla vu de l’extérieur, ce qui constitue un nouvel apport à l’architecture islamique.

Brièvement, voici d’autres joyaux de la civilisation islamique en Irak, à savoir :

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Fort Abbasside d’Al Okhaydar

Fort Abbasside d’Al Okhaydar

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Fort abbasside d’Al Okhaydar :

Le fort d’Al Okhaydar est considéré parmi les forts distingués du monde entier, en raison de ses caractéristiques exceptionnelles sur le plan de l’architecture arabo-islamique, voire de toute l’architecture orientale du Moyen-Age. La plupart des études scientifiques à l’époque abbasside, plus précisément au règne du calife Al Mansour Billah.

Situé dans une zone d’une importance historique, au croisement des chemins qu’empruntaient jadis les caravanes commerciales entre autres le chemin reliant Koufa à la Syrie, la place forte constitue le trait d’union entre le style du palais Al Machta, modèle des constructions Omeyyades, et celui des palais et forteresses de Samarra bâtis par les califes abbassides. Il serait l’œuvre, du prince abbasside Issa Ibn Moussa. De forme quadrilatérale, le fort ressemble au palais Al Machta et sa longueur est d’environ 170 m sur chaque côté. De plus, il est entouré d’une enceinte appuyée par des tours demi-circulaires et abrite dans son centre un ensemble d’habitations fortement symétriques, des édifices latéraux  ainsi que de grandes cours. Au centre de la façade nord de l’enceinte se situe un portail donnant sur un long corridor séparant deux ensembles d’habitations.

En dépit de la simplicité des constructions, l’édifice, d’une apparence  impressionnante, nous offre une importante série diversifiée de voûtes, allant de voûtes semi-cylindriques à celles supportées par des arcs doublés et des voûtes ornées en passant par des coupoles juxtaposées et des voûtes croisées.

Ville de Najaf :

Située à 180 km au sud-ouest de Bagdad, Najaf est parmi les villes islamiques les plus connues dans le monde arabo-islamique, eu égard au fait qu’elle abrite le tombeau de l’imam Ali Ibn Abi Talib, cousin du Prophète Mohamed . (Salla Allahe 3Alayhe Wassallamma)

Mais Najaf était aussi un centre commercial pour toute la région de l’Euphrate central, de même qu’elle fut une importante station parmi celles qui ponctuaient les routes du pèlerinage (route Zoubaïda) venant de la Syrie et passant par Najaf et Haïl avant d’atteindre Médine puis la Mecque.

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Mausolée de l’imam Ali Ibn Abi Talib à Najaf

Mausolée de l’imam Ali Ibn Abi Talib à Najaf

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Karbala

Située à 105 km au sud-ouest de Bagdad, la ville de Karbala compte, au même titre que Najaf, parmi les cités islamiques sacrées chez les arabes musulmans, en raison également des mausolées de membres de la famille du prophète qui s’y trouvent, en l’occurrence ceux des imams Hussein Ibn Ali et Al Abbas Ibn Ali.

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Mausolée de l’imam Hussein Ibn Ali Ibn Abi Talib à Karbala.

Mausolée de l’imam Hussein Ibn Ali Ibn Abi Talib à Karbala

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Kazimiya :

Située à 5 km seulement à l’ouest de la capitale irakienne Bagdad, la cité de Kazimiya est aussi l’une des ville islamiques et culturelles importantes dans le monde arabo-islamique. On y trouve les tombeaux des imams Moussa Al Kazem et Mohamed Al Jawad. 

Le calife Al Mansour avait fait de Kazimiya un lieu de sépulture pour sa famille et ses proches parents, ce qui lui a valu l’appellation de cimetière de Qoraïch. Ainsi, y ont été inhumés Abou Jâafar Ibn Al Mansour, le calife Al Amine, Zobaïda, femme du calife Haroun Ar Rachid ainsi que les imams Abou Yousouf et Ahmed Ibn Hanbal. La ville fut appelée Kazimiya du nom de l’imam Moussa Al Kazem dont le mausolée est surmonté de deux coupoles recouvertes d’or pur, en plus de quatre minarets en or également. Le mausolée est orné de pièces rares et précieuses ; ses murs et ses entrées sont émaillées d’ornementations de faïence colorée ainsi que de textes coraniques. A proximité du tombeau de l’imam Moussa Al Kazem se trouve celui de l’imam Mohamed Al Jawad.

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Mausolée des deux imams à Kazimiya

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Ville de Mossoul :

Construite sur la rive ouest du Tigre, la ville de Mossoul avait plus d’une appellation puisqu’on l’appelait Oum Rabïan, Al Hadba, Al Fayha ou encore Al Khadra. Elle était entourée d’une grande muraille en pierre comprenant de plusieurs portails dont les plus connus sont Sinjar, Likch, Al Bid, sans oublier d’autres monuments historiques dont il ne reste plus que la tour de Bach Tabya.

Conquise en l’an 20 de l’hégire durant le règne du calife Omar Ibn Al Khattab, Mossoul a, depuis, joué un rôle de première importance dans l’histoire arabo-islamique.

Aujourd’hui, la ville de Mossoul conserve toujours des traces de sa gloire d’antan incarnée, à titre d’exemple, par la mosquée omeyyade considérée comme la plus ancienne des mosquées de la ville. Sa construction remonte à l’an 20 de l’hégire et fut l’œuvre de Otba Ibn Farqad As-Salami. On la qualifie d’omeyyade car elle fut rénovée et élargie durant le règne de Marouane Ibn Mohamed, dernier des califes omeyyades. Plus tard, la mosquée sera rénovée à plusieurs reprises, mais aujourd’hui, il n’en reste plus que le minaret connu sous le nom de minaret cisaillé ou minaret de la mosquée Al Kaouazine.

La ville compte d’autres mosquées non moins importantes, dont notamment la mosquée Nouri ou encore la mosquée Al Hadba située au centre de la ville et connue pour son minaret convexe. En outre, Mossoul abrite plusieurs mausolées dont le plus connu est celui de l’imam Yahya Ibn Al Kacem, situé tout près de Bach Tayba.

Mossoul abrite également quelques monastères et églises anciennes, telles les églises Simon Safa, considérée comme la plus antique des églises chaldéennes Al Tahira Marithion, Al Bïa et Al Atiqa. Parmi les monastères, on citera, entre autres, Mar Meta, Machorquis.

De plus, Mossoul compte un musée d’antiquités classé deuxième en importance après celui de Bagdad. Il renferme des trésors rares et des pièces antiques d’une valeur inestimable, remontant à l’époque des Assyriens et des autres civilisations antiques qui se sont succédées sur le sol de l’Irak, en plus d’antiquités arabo-islamiques.

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Références bibliographiques :

Atasoy, N., A. Bahnassi, M. Rogers : L’art de l’islam, Paris, 1990.

Bammate, H. : Apports des Musulmans à la Civilisation, Genéve, 1962.

Creswell, K. A. C., Early Muslim Architecture, Oxford,1940.

Creswell, K. A. C., A Short Account of Early Muslim Architecture, Londres, 1958.

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Ettinghausen,R.et O . Grabar : The Art and Architecture of Islam 650- 1250 , Harmondsworth,1987.

Grabar,O. Et D. Hill : Islamic Architecture and Decoration A.D. 800- 1500, Londres , 1964.

Marçais, G. : L’ Architecture musulman d’ Occident, Paris , 1954

Michael Rogers, The Spread of Islam, Elsevier Phaidon, 1976

Papadopoule, A.: L’ Islam et l’art musulman, Paris, 1076.

Petersen, A. Dictionary of Islamic Architecture. London, 1999.

Sourdel, D. er j. Sourdel-Thomine : La civilisation de l’Islam classique, Paris, 1968 .

Stierlin Henri , Islam de Badgad à Cordove,Taschen,2002.

Source & Lien Externe

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( 7 octobre, 2007 )

Les Juifs d’Algerie …

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Invité sur France-Inter (à propos de son livre « Les Trois Exils ») ; Benjamin Stora (Historien et sociologue Français) nous fait profiter d’une belle page d’histoire .

Benjamin Stora

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Les trois exils, juifs d’Algérie
Stock, coll. Un ordre d’idées – septembre 2006 

Les trois exils

L’idée de ce livre est née un matin de novembre 2004, quand Benjamin Stora, accompagné de son fils, s’est rendu pour la première fois à Khenchela, petite ville de l’Est algérien d’où vient sa famille paternelle.
Voyageant entre mémoire et histoire, quête personnelle et enquête historique, il reconstitue les trois exils qui ont marqué le destin des juifs d’Algérie. En moins d’un siècle en effet, ils sont sortis par trois fois de ce qui était jusque-là leur univers familier. Ils se sont éloignés de leur vie en terre d’islam quand le décret Crémieux de 1870, faisant d’eux des citoyens français, les a mis sur la voie de l’assimilation. Ils ont été rejetés hors de la communauté française de 1940 à 1943 avec les lois de Vichy. Et ils ont quitté les rives algériennes avec l’exode de 1962.
À travers cet essai historique sensible et rigoureux, enrichi de documents inédits, on découvre l’originalité de ce judaïsme algérien à la fois passionnément attaché à la République française et profondément pétri de traditions religieuses, mais aussi la complexité et les ambiguïtés des relations entre juifs et musulmans. Et l’on comprend mieux comment, dans les tensions d’aujourd’hui, quand crainte de l’islamisme et montée de l’antisémitisme se conjuguent, revient une « mémoire longue de l’inquiétude ».

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Les Juifs d'Algerie ... dans Algerie l348xh215famillestora53nd5

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L’infatigable historien de l’Algérie qu’est Benjamin Stora se tourne, cette fois, vers les siens. Né à Constantine dans une vieille famille juive originaire de Khenchela, il se penche sur cette histoire méconnue, peu documentée et presque pas écrite. Sa rigueur érudite ne cède cependant pas à l’effusion, comme c’est très souvent le cas. Mais, du moins, l’émotion, « comme une trace et un hommage » à la mémoire de sa mère, vient-elle étayer cet ouvrage, qui ne pouvait pas être, non plus, de pure science.

Au demeurant, trois photos ponctuent ces « trois exils » , qui disent tout. Elles représentent la famille de Benjamin Stora : la première, au début du siècle dernier, où costumes « européens » et vêtements « indigènes » se mêlent ; la deuxième, dans les années 30, affichant l’optimisme de jeunes gens en pique-nique dans les forêts de Constantine ; la dernière illustrant le « rapatriement » de 1962 et l’indicible tristesse de « l’exode ». Trois photos pour trois temps : l’ancien monde, l’émancipation et la fin d’une communauté enserrée entre trois exils. Deux exils intérieurs, et le dernier, définitif. Le premier rappelle le lent mouvement d’assimilation à la France des juifs d’Algérie, sanctionné par le décret Crémieux de 1870 qui leur offre la nationalité française. Le débat, à ce propos et à ce jour, demeure inépuisable : en les détachant de leur statut de dhimmis (de protégés assujettis à l’islam) pour les faire citoyens, la République les agrège tout en les détachant de leur milieu et de leur culture fortement arabisée.

Le deuxième exil, c’est Vichy qui le leur inflige avec l’abrogation du décret Crémieux d’octobre 1940 qui les relègue à leur ancien statut d’« indigènes ». Ils sauront guérir de cette blessure-là. Mais peut-être pas de la dernière : la guerre d’indépendance de 1954-1962 qui les déchire ­ parce qu’à la fois si Français et si « enfants du pays », plus que bien des pieds-noirs, à cause de leur enracinement millénaire ­ et l’arrachement final.

Histoire douloureuse d’une communauté, colorée néanmoins par sa bonne humeur légendaire, si souvent caricaturée au cinéma, que Benjamin Stora décrit avec les instruments qui ont fait sa réputation : rigueur et empathie. Lui qui a consacré ses recherches à l’histoire des nouveaux possesseurs de l’Algérie, a retrouvé « une mémoire longue de l’inquiétude. Et la certitude obstinée qu’il est possible d’être à la fois juif et français, républicain et comprenant les rites religieux, tourné vers l’Occident et marqué à jamais par l’Orient, par l’Algérie ». On ne saurait trouver meilleure définition de cette improbable synthèse historique que fut le juif algérien, et qu’il demeure encore un peu.

Jean-Luc Allouche, Libération

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Si vous voulez l’ecouter sur France Inter .

… 19 Mn 48 Sec …

http://www.dailymotion.com/video/3Jj5lgT1IBUmumcqN

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Liens externes : RadioFrance  

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( 5 octobre, 2007 )

Le Drame des Harkis …

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A l’occasion de leur journée nationale en France (25 septembre 2006) , Patrice Gélinet leur a consacré son emission « 2000 Ans d’histoire » sur France-Inter .

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bachaga boualem

« Il y a vingt ans, j’ai choisi la France. C’est une erreur de ma part, j’ai fait un mauvais choix. »

Bachaga Boualem en 1979

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C’est une des pages les plus sombres de la guerre d’Algérie. En 1962, au moment où les Algériens proclamaient leur indépendance, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux étaient massacrés dans des conditions atroces parce qu’ils s’étaient battus aux côtés de l’armée française. Quelques uns ont pu y échapper en se réfugiant en France où, depuis plus de 40 ans, ils vivent loin de leur pays d’origine et sans espoir d’y revenir un jour parce qu’ils y sont considérés comme des collaborateurs par les autorités algérienne. Indésirables en Algérie, mal accueillis en France, ils ont du attendre 40 ans pour qu’un Président de la République reconnaisse enfin la dette de la France vis-à-vis des Harkis. Jacques Chirac le 25 septembre 2001.

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- Les harkis –

… 14 Mn 30 Sec …

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… 14 Mn 12 Sec …

http://www.dailymotion.com/video/whrBtfAAItNQSm5L1

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En 1962, l’accueil des harkis fut pour le moins improvisé dans un certain nombre de camps de transit (ici, celui de Rivesaltes)

En 1962, l’accueil des harkis fut pour le moins improvisé dans un certain nombre de camps de transit (ici, celui de Rivesaltes)

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( 4 octobre, 2007 )

1830 Les Véritables causes de la conquête de l’Algerie .

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Main basse sur Alger : Enquête sur un pillage (juillet 1830)

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1830 Les Véritables causes de la conquête de l'Algerie . dans Algerie 4146fgthz5laa240dp1

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Présentation de l’éditeur
Pour venger le coup d’éventail donné par le dey d’Alger au consul de France, la France occupa Alger, le 5 juillet 1830, et en chassa le dey… Cette vérité s’inscrit toujours sur les tableaux noirs et dans les livres scolaires. Et si cette conquête avait été menée dans le but de faire main basse sur les immenses trésors de la Régence d’Alger afin de constituer les fonds secrets de Charles X pour corrompre et retourner le corps électoral ? Difficile d’expliquer au bon peuple que les défenseurs de la Chrétienté, censés être venus à Alger punir les pirates barbaresques, s’étaient livrés à un pillage éhonté. Tout a donc été fait pour que ce scandale fût étouffé. Après une longue enquête, Pierre Péan a retrouvé les traces très embrouillées de l’or découvert dans les caves de la Kasbah, où étaient entassés pêle-mêle des monceaux de quadruples d’Espagne et du Portugal, des mocos, des piastres fortes d’Espagne, des boudjous d’Alger et d’autres monnaies : un butin chiffré à plus de 500 millions de francs de l’époque (l’équivalent de 4 milliards d’euros). Où sont passées ces sommes colossales ? Louis-Philippe, la duchesse de Berry, des militaires, des banquiers et des industriels, comme les Seillière et les Schneider, ont profité de cette manne. Le développement de la sidérurgie française doit ainsi beaucoup à l’or d’Alger… Dans cette chasse à la vérité, Pierre Péan fait revivre de grands aventuriers, donnant une place particulière à Jean-Baptiste Flandin, qui s’est battu pour dénoncer les pilleurs, ainsi qu’au maréchal de Bourmont, authentique maître d’œuvre de toute cette aventure.

Biographie de l’auteur
Pierre Péan , enquêteur, a laissé l’actualité pour porter un regard sur un épisode obscur de notre histoire .

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mbassealgerxj7 dans Audio

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Extrait
Deux bricks chargés d’or mouillent à Villefranche

Un temps à ne pas mettre le nez dehors! Si la colline du sémaphore protège la rade du méchant vent d’est, il fait quand même un vilain temps pour un 25 août, dans le vieux port de Villefranche. La mer est démontée et les vents qui soufflent de Ligurie découragent les navires qui arrivent de Toulon, Marseille, Mahon, Gibraltar ou des côtes barbaresques, de mouiller ici. Et pourtant, dans la matinée, du haut de la Citadelle, on signale deux bricks, manifestement à la peine pour se rapprocher de l’entrée de la baie. Malgré les dificultés, ils progressent… Voilà, ils sont maintenant à l’abri des vents et des vagues, ils avancent lentement vers la darse du joli port du royaume de Sardaigne. Les marins attroupés cherchent à identifier les deux bâtiments et leur provenance. Les yeux experts déchiffrent un à un leurs signes identitaires sur les mâts et la coque. Hourra! Ce sont des bateaux grecs battant pavillon russe et arborant une oriflamme rouge, et qui portent les numéros 36 et 60 !

l400xh245prisedalger496jj2 dans Histoire

Le Poséidon et la Pénélope effectuent les dernières manœuvres pour accoster. Il est 17 heures. Les fonctionnaires sardes du service de santé vont bientôt monter à bord et interroger les capitaines des deux bâtiments. Ils dirigeront ensuite les équipages et les passagers éventuels vers le lazaret pour effectuer, si nécessaire, leur quarantaine.
Les deux bateaux font partie de l’armada des 357 bâtiments affrétés à Marseille par la maison Seillière qui a été chargée par le général de Bourmont, ministre de la Guerre de Charles X, d’acheter et d’acheminer vers les côtes algériennes nourriture, boisson, fourrage et matériel pour satisfaire les besoins, deux mois durant, des 34 000 militaires du corps expéditionnaire français et de quelque 4 000 chevaux. Le général de Bourmont, chef de cette expédition, a pris Alger le 5 juillet dernier.

La Pénélope et le Poséidon ont quitté Alger le 16 août. Le premier transporte vingt-deux personnes dont le capitaine grec Giorgio Andoni et un passager français habitant Vintimille, Adolphe Chappon, qui, associé au banquier niçois Stefano Carlone, approvisionne Monaco en céréales. Le commissaire de santé interroge Andoni qui lui affirme que la cargaison principale de la Pénélope est du plomb. Mais il s’étonne que le brick, parti d’Alger sous pavillon français, arrive sous pavillon russe à Villefranche.
— En dehors du plomb y a-t-il d’autres marchandises? demande l’officier sanitaire quelque peu suspicieux.
— Il y a de l’argent ancien ouvré…
— Pourquoi ce changement de pavillon?
— En réalité le bateau navigue sous pavillon russe, mais les agents de santé d’Alger m’ont conseillé de naviguer français pour des raisons de sécurité…

Un autre agent de la sécurité sanitaire interroge Giovanni Mikari, le capitaine du Poséidon, qui apporte les mêmes réponses aux mêmes questions. En dehors des seize membres d’équipage se trouve à bord du bâtiment Aimé-Benoît Seillière, négociant de Paris, domicilié 91, rue de Paradis à Marseille, accompagné d’un domestique. Le Poséidon transporte lui aussi du plomb, plus 68 colis dont 32 paniers de bouteilles de vin et 25 caisses de tabac, qui, selon Mikari, sont des marchandises embarquées à MarseiIle, non consommées.
— A part le plomb, vous ne transportez rien d’autre?
— Je n’ai rien d’autre, répond, laconique, Mikari…
Il ne compte pas les huit tapis et les quatre caisses d’argent ouvré dans les malles des passagers…
La nouvelle de l’arrivée des deux bricks s’est vite répandue jusqu’à Nice. Avigdor et Carlone, les deux grands banquiers de la place, sont montés aussitôt dans leur calèche pour prendre langue avec Adolphe Chappon et Aimé-Benoît Seillière… De cette effervescence naît en quelques heures une rumeur qui alimente les conversations dans les milieux d’affaires niçois: les deux bricks ne transportent pas de plomb, mais des grandes quantités d’or soustraites au Trésor de la Régence d’Alger. La rumeur va bon train et se propage jusqu’au pont du Var ou pont des Français où se trouve la douane française. De là elle poursuit sa course jusqu’à Antibes où les autorités françaises surveillent de près ce qui se passe à Nice.

Alerté, le maire d’Antibes rédige aussitôt une lettre qu’il envoie par estafette à l’amiral Duperré en quarantaine dans la rade de Toulon depuis son retour d’Alger.
L’amiral, comme tous les responsables de la Marine, de l’Armée, des Douanes et de la Police, a été sensibilisé aux possibles détournements effectués à Alger sur le Trésor de la Régence. Des courriers en provenance d’Alger, notamment ceux du général Loverdo, font état de pillages effectués par des hauts gradés de l’armée. Paris envoie des consignes draconiennes à tous les ports de France pour faire montre d’une extrême vigilance concernant les cargaisons de tous les bâtiments en provenance d’Alger.
Louis-Philippe et le nouveau ministère issu de la révolution de Juillet soupçonnent Charles X et le ministre de la Gerre du gouvernement déchu, le maréchal de Bourmont, d’avoir détourné une partie du Trésor de la Régence d’Alger.
Immédiatement après avoir pris connaissance de la lettre du maire d’Antibes, l’amiral Duperré envoie une note par le télégraphe au ministre de la Marine qui prévient à son tour tous les ministres concernés par cette affaire et notamment ceux des Finances et des Affaires étrangères.

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Pierre Pean sur France-Inter le 11 Janvier 2005 (2000 Ans D’Histoire)

… 19 Mn 46 Sec …

http://www.dailymotion.com/video/1EooFOPaw6FhPm4ij

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Attaque de la Mouzaïa le 12 mai 1840

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Liens Externes :

 Pierre Péan

Main basse sur Alger 

l’expédition d’Alger

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